Un regard sur le passé

Voici un extrait d’un témoignage que signait Bernadette dans le cadre «Une vie, une époque, notre héritage… La Rédemption 50 ans 1936 – 1986».

Infirmière en colonie à Sacré-Coeur de Deslandes, Gaspé Nord (3 ans) et St-Charles Garnier, cté Rimouski (5 ans), j’arrive à La Rédemption, le 1er septembre 1950, avec armes et bagages, heureuse de reprendre à travailler après une années sabbatique obligatoire (hospitalisée au Sanatorium de Mont-Joli de septembre à mai).

Un cas de médecine générale, une extraction dentaire, une visite à domicile et me revoilà fidèle et dévouée servante .

Un 15 décembre, j’agis comme sage femme, des triplets Noël – Noëlla – Noëlline. Mon année la plus fructueuse: j’y ai mis au monde 72 bébés, c’était une première.

En 1960, je vous quittais au bras de mon mari.

Bernadette Giffard Dumais, Inf. Lic.¨

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Bernadette Giffard décéda le 10 octobre 1988 à Mont Joli et elle est inhumée à Sainte Flavie. Photo de Bernadette durant son séjour au San de Mont Joli.

Et vous, que contient votre boîte aux trésors?

Au départ de maman, il y a eu comme une période d’urgence à penser « Nous a-t-elle laissé ses recettes? » et oui que voulez-vous, elle nous a élevées « gourmettes » et gourmandes.

Alors, d’abord, avec mes sœurs nous avons commencé la chaîne téléphonique : « Te rappelles-tu de cette recette-là? Est-ce que l’une de nous l’a quelque part dans ses petits papiers? » C’est alors que j’ai fouillé dans mon coffre aux trésors pour retrouver lesdites recettes. Bien souvent j’appelais maman à la dernière minute et j’écrivais ce qu’elle me dictait sans bien entendu mettre de titre au haut du petit papier. J’en ai alors retrouvé quelques-unes commençant par : Gros comme un tit œuf de beurre, grand comme le dedans de ma main de….

Je me suis amusée à deviner de quelle recette il s’agissait. Avec mes sœurs, nous nous sommes rappelé bien des anecdotes mais surtout comment nos mères donnaient des noms farfelus à leur création. Notre grand-mère Lucille les avait bien instruites en ce sens. J’ai ensuite, via Facebook, étendu mes recherches à mes cousines de la lignée des Aubut-Langlois. J’ai alors découvert des noms époustouflants : sacamité (tartinade au chocolat pour le déjeuner), Saut-au-cul (espèce de petit mijoté des premiers petits légumes du jardin), galettes effrontées (biscuits à la pâte faits avec du Bisquick qui étaient couvertes de pics lorsqu’elles sortaient du four), Moucasses (brioches actualisées avec de la pâte à croissants Pillsbury), Crottes à cartouche (lorsque maman glaçait un gâteau avec une glace au chocolat et qu’il en restait, elle le mélangeait avec des morceaux de biscuits Village, en faisait des boules et ensuite les roulait dans le coconut; ne sachant nous dire qu’est-ce qu’on mangeait au juste Loulou et moi les avions baptisées « Crottes à Cartouche » Cartouche était le chien berger allemand de notre frère Yves. (Note à moi-même: jamais nous n’avions mangé de m…. mais Dieu que celle-ci était bonne hihihi)

Et que dire aussi des façons bien à elle de renommer des aliments achetés qu’elle nous offrait, la célèbre petite canne de Paris-Pâté dont nous agrémentions nos sandwichs c’était pour maman de la viande à sandwich qu’elle colorait avec du colorant alimentaire et nous faisait des sandwichs 3 étages-3 couleurs les jours de fête. Pour la mère de mon amie d’enfance Luce Rail, c’était de la paste. Chacune des familles des alentours avait sa petite recette au nom farfelu ou encore une histoire inventée de toute pièce pour nous faire rire. Pierre-André de la famille Réhel nous racontait que chez lui lors des années de vache maigre, la dinde de Noël laissait place à un « Baloné » piqué de plumes et suspendu à une corde au plafond. Je l’ai toujours retenue celle-là et elle fait toujours partie de mes commentaires lorsque je sers une dinde.

Et vous, que contient votre coffre aux trésors?

Rhéa Collin

Un printemps de courage

Je vous présente aujourd’hui un texte écrit par Jeannine Ouellette qui honore la mémoire de sa mère. Franco-Ontarienne, Jeannine est animée par le même objectif que moi pour la conservation des mémoires. Elle raconte donc avec fierté l’histoire franco-ontarienne sur un site Facebook appelé ELLES.

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Un printemps de courage

Aux yeux des inconnus, cette journée de mai 1958 devait être d’apparence ordinaire, mais dans ma famille, la journée n’avait rien d’ordinaire, car ce jour-là, ma mère Noëlla Guénette Ouellette, alors âgée de 31 ans, montait à bord d’un train à la gare de Kapuskasing. Destination : Montréal.

Une valise à la main, l’autre main probablement posée sur son ventre épaissi par une maternité sur le point de rompre, je m’imagine que ma mère doit avoir jeté un regard triste vers son mari Gérard et ses enfants Raymond (10 ans) et Murielle (7 ans) avant de partir.

Heureusement que Jeanne, la soeur de mon père, avait accepté d’aider à prendre soin de la maisonnée en son absence.

Comme elle devait être anxieuse, ma mère, devant ce long voyage qui l’envoyait au loin ! Enceinte de huit mois et demi, elle s’en allait accoucher de son 5e bébé dans la métropole québécoise. Jamais elle n’aurait pu prédire ce qui l’attendait à Montréal…

Montréal. Une cité si loin du Nord de l’Ontario, surtout à cette époque où les déplacements se faisaient rares. Une « grand ville » au bout du monde pour ma mère qui n’avait jamais voyagé plus loin que Timmins vers l’est et Opasatika vers l’ouest. Sa date approchait et ma mère était bien déterminée de « le réchapper ce bébé-là ». Parole de mère !

Après avoir mis au monde un fils en 1948 et une fille en 1951, ma mère a perdu deux garçons, coup sur coup. L’un, Joseph, mort-né, et l’autre, Roger, mort quelques jours après sa naissance. Ma mère dotée d’une «p’tite santé» s’était même fait dire après la naissance de son premier enfant : Madame Ouellette, il ne faudrait pas que vous ayez d’autres enfants. Cette femme à la santé fragile s’est néanmoins promise qu’elle remplacerait ses deux amours perdus (en l’occurence, moi et ma sœur Lorraine, née trois ans après moi en 1961).

Ma mère m’avait expliqué que Joseph et Roger (mes anges gardiens) avaient été emportés dans la mort par une incompatibilité sanguine (facteur Rhésus). Aujourd’hui, grâce à la prévention et à une meilleure surveillance des femmes enceintes, ce problème sanguin s’est beaucoup raréfié et les accidents graves sont devenus exceptionnels, mais dans les années 50, en région éloignée, les bébés pouvaient trop facilement en mourir.

Cette 5e grossesse allait donc exiger de grandes précautions ! Le médecin avait proposé à ma mère qu’elle accouche de moi dans un grand centre comme Toronto, la possibilité d’une transfusion sanguine étant fort plausible dès ma naissance. Comme ma mère ne connaissait personne à Toronto et qu’elle avait une belle-sœur à Montréal, les arrangements ont été pris avec Marguerite, la sœur de mon père. Endeuillée et appréhensive, Noëlla a quitté ville, mari et enfants pour se rendre jusque dans le Québec avec son bébé dans son ventre. Pauvre elle ! Pas moins de dix-huit heures sur le train !

Une fois rendue à bon port, il lui a fallu une autre bonne dose de courage. Pour une raison qui m’est inconnue, ce n’est pas le médecin qui coordonnait les arrangements avec l’hôpital québécois. Ma mère avait donc sur elle une enveloppe précieuse qui allait lui ouvrir les portes des hôpitaux montréalais : une lettre signée par le docteur et quelques documents de son dossier médical qu’elle devait remettre à l’hôpital au moment où elle se présenterait pour accoucher. Mon père s’était assuré, malgré une situation financière précaire, que ma mère ait tout l’argent qu’il lui fallait pour payer son passage (voyage en train), les services de l’hôpital et sa part «du manger» chez Marguerite pendant au moins quelques semaines. Mais lorsque ma mère s’est présentée à l’hôpital, il y a eu un grave malentendu !

Ma mère ne parlait pas la langue de Shakespeare et les gens qui l’ont accueillie à l’hôpital ne parlaient pas la langue de Molière. Ils ont cru qu’elle n’avait pas d’argent pour payer et ont refusé de l’admettre! Misère de misère! Marguerite, débrouillarde, a emmené ma mère dans un autre hôpital. Celui-ci étant réservé aux filles mères ou aux soi-disant « filles de mauvaise vie », il acceptait toutes les femmes enceintes. Ma mère a mis sa fierté de côté et s’est abandonnée au soins de l’Hôpital Miséricorde. Tout ce qui comptait pour elle était que son bébé soit sauvé.

J’ai été sauvée. Mais ma mère m’a raconté qu’elle a été trois très longs jours sans avoir de mes nouvelles. Dès la naissance, j’avais été transférée à l’Hôpital Ste-Justine. Ma mère avait beau implorer les infirmières de lui donner des nouvelles de sa p’tite, personne ne lui en soufflait mot. «J’ai pâti d’inquiétude pendant trois jours ma fille», me disait-elle quand on jasait ensemble de ce fameux 4 juin 1958. J’ai toujours eu le goût du voyage et ma mère me disait en souriant que c’était parce que j’avais voyagé dans son ventre avant même de venir au monde.

J’ai été baptisée à l’Église St-Jean à Montréal le 15 juin. C’est tante Marguerite qui m’a servi de marraine. Quelques jours plus tard, ma mère a pris la route du retour avec son bébé naissant, mais ne fut pas épargnée de nouvelles angoisses puisque le train en direction du Nord de l’Ontario a déraillé ! Arrêté pendant 36 heures, ma pauvre mère n’a pas dormi une seule seconde, car elle avait trop peur que quelqu’un lui vole son nouveau bébé.

Ma mère est décédée à Kapuskasing en 2001 à l’âge de 74 ans. Après avoir survécu plusieurs drames, dont une enfance marquée par la souffrance, la perte d’une soeur noyée avec ses deux enfants et, plus tard, le deuil de deux de ses fils, une mort douce est venue la chercher un soir de juin. Moi, la p’tite réchappée, je n’ai que de l’admiration pour ma mère, cette femme au grand courage qui me manquera toujours beaucoup. Merci Mom. Merci pour tout.

Jeannine Ouellette

Hommage à Marie

Hommage à Marie…

J’aimerais dans cet hommage personnel à ma mère faire ressortir un trait de caractère que seul nous les enfants connaissons. Je suis sûr que tous et chacun de nous aurons un message spécial pour elle, je vais donc tenter de décrire cette caractéristique que j’ai toujours tellement appréciée chez elle: son âme ou son cœur d’enfant. Je sais bien que son coté adulte a toujours dominé cet aspect de son caractère, mais j’aimerais bien le souligner car moi je l’appréciais beaucoup ce cœur joueur d’enfant.

Afin d’illustrer ce fait, j’aimerais faire ressortir son enthousiaste et sa bonne humeur qui faisait d’elle une maman aimante et agréable. Malgré toutes les charges dont elle était responsable, elle avait toujours du temps pour rire s’amuser avec nous. Je me rappelle en particulier durant certains repas mémorables (papa étant absent) elle aimait participer avec nous à des jeux pas toujours très respectueux des bonnes manières quand le but était de rire ou de faire rire, nous étions tous ces complices. Je me souviens d’anecdotes croustillantes donc je garde d’heureux souvenirs. Notre mère était avant tout une bonne vivante, elle était souriante et de bon aloi, c’est une parcelle de sa vie donc le CV fut bien rempli, que je garde chèrement dans mon cœur.

Malheureusement, les difficultés que présentait la vie à la campagne dans un rang de colonisation et le fait d’avoir élevé une grande et belle famille, ont eu raison de sa santé. Malgré ces obstacles elle a toujours réussi à maintenir un climat de bonheur dans le milieu familial. Marie , une grande Dame, je garde bonne Mémoire d’Elle!!!

Jean Guy

Je vous présente ma mère, Angélina Ouellet

 

Née en 1922, ma mère a grandi au sein d’une famille de 8 enfants et, comme ils vivent des produits de la terre et de la mer, chacun doit rapidement faire sa part pour apporter de l’eau au moulin.

Son rêve, devenir « une maîtresse d’école » prend tristement fin à sa quatrième année scolaire, ses parents n’ayant plus les moyens de payer, ma mère doit aider, ma mère doit aller travailler. Ainsi, dès ses 9 ans, ma mère travaille « à gage » dans les familles avoisinantes ; elle aide les jeunes mamans « à se relever » après leur accouchement ou lorsque la maman est malade. Elle s’occupe alors de la maisonnée tout en veillant aux soins du nouveau-né,  prépare les repas, fait de la couture pour presque rien, soit cinquante sous par semaine, parfois moins, selon les revenus de la famille.

Les saisons printemps-été venues,  ma mère déménage à Fam Point accompagnant ses frères qui vont y pêcher; dès leur arrivée sur la grève, elle doit vitement ramasser le poisson puisqu’il servira de précieuse provision pour les deux prochaines saisons d’automne et hiver. Chaque matin, elle se lève tôt pour préparer les repas de ses frères, toute une responsabilité pour une jeune fille.

Les années filent de cette façon jusqu’à son mariage en 1944 avec mon père Raymond Paul Cloutier, pêcheur et menuisier. Le jeune couple demeure chez mon grand-père Cloutier à Petit-Cap et partage la maison avec six personnes, mes grands-parents et 4 jeunes enfants mais elle exerce son rôle d’épouse, de belle-fille, belle-soeur avec amour et ardeur. Du petit matin à la cuisine à tard en soirée avec les anguilles à tricoter, elle accomplit un incroyable nombre de tâches différentes.

Juillet 1949, maman est enceinte du 4ieme lorsque celui-ci annonce rapidement son arrivée. Ma grand mère Lydia Dubé l’aide à mettre le bébé au monde, c’est un garçon… mais il y en a deuxième … Garde Francoeur , Agathe Beaudoin, avisée des circonstances, arrive juste à temps pour porter assistance à maman pour la naissance du deuxième garçon; ainsi sont nés les jumeaux.

D’année en année la famille s’agrandit,  le dernier, Harold nait en 1966.  17 enfants! Et oui! Pour utiliser l’expression du temps « toute une smalah » qui signifie très nombreuse famille. Laissez-moi vous dire que le curé de la paroisse était heureux de son registre paroissial!

Mes parents avaient la foi en l’Église catholique, et en bons chrétiens, ils ont accompli leur devoir avec amour et résignation.

En juin 2000, ma mère s’éteint après une maladie entrainant de grandes souffrances malgré une bonne médication. Même à la fin, ma mère a conservé sa foi et à prié sa Vierge Marie de la soulager.

77 ans!  trop jeune pour nous, nullement prêts à la voir partir. Elle aimait tant la vie, aimait rire, aimait les fleurs, ses préférés étant les pissenlits, les fleurs du Bon Dieu qu’elle nous disait.

Son pommier, résultat d’un pépin de pomme qu’elle avait semé, elle l’a vu grandir et elle en était très fière.

Elle aimait tout dans la nature mais l’amour si profond pour sa famille, son coeur de femme et de maman si vaillant, a su nous donner une leçon de vie, faire de nous des personnes responsables, généreuses et serviables. C’est ce qu’elle attendait de nous et c’est l’image qu’elle nous a donnée.

Si ma mère était une femme fière aimant belles tenues et bijoux, elle aimait aussi apprendre, se garder au courant de l’actualité, suivre le courant comme on dit, d’ailleurs entre autres gestes, elle s’est empressée d’apprivoiser le guichet automatique … C’est dire son ouverture d’esprit. Ma mère avait un cœur heureux d’ailleurs souvent nous l’avons entendue chantonner de belles mélodies de l’époque. De beaux souvenirs.

Brosser un tableau de la vie de ma mère est un honneur pour moi et aujourd’hui je lui rends hommage avec amour et sincérité.

Votre fils Aimé

Je me souviens … Et vous?

Dans le cadre de la rubrique : je me souviens

De ces années où la démonstration de l’affection était différente d’aujourd’hui, je me souviens avoir vu l’amour et la tendresse entre mes parents où tous deux, fin de soirée, seuls assis à la table à se gâter de pain maison avec bonne tranche de rôti de lard.

Ou, tous deux assis devant la télévision, l’un près de l’autre…

Ou tous deux, sur leur 36, comme on disait dans le temps, prêt pour un souper chez Biard à Percé l’été… Je voyais bien le bonheur dans les yeux de ma mère, enfin, un moment pour elle…

Et nous, tels des petits moutons, nous les regardions partir, l’âme en peine…

Maintenant je me dis, comme ils ont bien fait de se donner ces doux moments.

Daniele Rail, fille de Jacqueline Pagé et Lionel Rail, Cap d’Espoir

 

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Géraldine nous raconte la vie de sa belle-maman, Germaine Fournier

Je veux vous raconter l’histoire d’une autre époque et rendre hommage à une personne pas plus haute que 4 pieds et 8 pouces et qui ne pesait que 85 livres à l’âge où je l’ai connue, à ses 62 ans.

C’est en 1972, par une belle journée d’été, dans cette grande maison où le soleil entre par la fenêtre du côté ouest, je suis abasourdie, pour ne pas dire étourdie, par les déplacements de cette femme qui, comme un oiseau, fébrile et rapide, parle avec un débit absolument fascinant car elle voulait tout dire en même temps! Cette femme, issue d’une famille modeste de 4 enfants, plutôt rare pour l’époque, s’est mariée à 17 ans, un mois précédant son anniversaire.

Le couple habitera chez les parents de monsieur, alors en plus des beaux-parents, il y a encore de la jeunesse à la maison paternelle. Cette jeune femme travaille fort pour se tailler une place au sein de cette famille. Imaginez ce bout de femme, jeune, au cœur d’une maisonnée avec ses us et coutumes établis! Pourtant, elle fait son entrée dans cette famille, faisant le moins de bruit et prenant le moins de place possible car elle n’est pas la maîtresse de maison. Le temps file, ses enfants naissent alors que l’un et l’autre de la belle famille quitte la maison familiale pour fonder la leur.

Survient le décès de ses beaux-parents, le couple se retrouve alors seul avec leurs enfants pour la première fois. La religion est très présente dans ces années, le devoir conjugal exige des résultats « papables » alors le couple se dévoue et il en résulte 19 grossesses et 20 enfants. Bien oui, la fatalité a voulu que sa dernière grossesse soit celle de jumeaux qui n’on pas survécu. Son conjoint a mentionné :  J’en ai voulu ! J’en ai eu ! J’en veux pu ! Plusieurs mortalités sont malheureusement survenues que ce soit la maladie, les accidents ou les mort-nés.

Ma belle-maman avait reçu une belle formation pour l’époque, une septième année, elle avait une écriture soignée et était soucieuse du français, d’ailleurs, elle a pris en main la défense de l’un de ses fils devant la cour et la cause a été gagnée. Sans aucun doute, son bon discernement a réussi à convaincre le juge de la bonne foi de son fils. C’est digne de mention et mérite bien des honneurs.

Tous s’entendent pour dire qu’elle avait un don de cuisinière: d’un rien, sans bruit et en un tour de main, elle pouvait concocter un de ses meilleurs repas, dessert inclus.

Bien des évènements communautaires ont eu lieu. Parlons du centenaire de la paroisse, la fête des aînés, la longévité du couple, don de soi en donnant naissance à plusieurs enfants avec tout ce que cela signifiait de sacrifices et exigences et pourtant, malgré des efforts, jamais Germaine n’a pu être honorée à sa juste valeur. Voilà pourquoi aujourd’hui, je lui rends hommage.

Tenir la maison toujours propre, effectuer les travaux domestiques, faire le plus de récupération possible (sujet à la mode aujourd’hui), réaliser des travaux d’aiguilles de toutes sortes, garder les vêtements propres, pour que son monde soit bien mis, comme disait l’expression de temps, s’occuper du jardin pour qu’il produise bien, voilà que quelques-unes de ses occupations.

Germaine est décédée à l’âge vénérable de 85 ans, fidèle à elle-même, comme un petit oiseau, sans bruit et laissant derrière elle toutes ses qualités, si souvent oubliées.

J’ai débuté en vous disant qu’elle était une petite femme avec ses 4 pieds 8 pouces mais sachez que pour moi, son image est imprégnée dans mon cœur et je la considère une grande dame.

Géraldine Fortin