Mes étés en Gaspésie, à Cap d’Espoir

Un souvenir extraordinaire se rattache aux moments où je descendais avec mon frère Jean, trisomique, à Cap d’Espoir pour y passer tout l’été. Mes parents profitaient du passage d’une cousine qui descendait de Montréal en train pour nous confier à elle.  Mais le train passait sur la rive Sud, alors ils nous reconduisaient à Drummondville pour la rejoindre. Vers la fin août, mes parents venaient en auto pour une semaine et nous ramenaient par la même occasion.

Quand j’ai été plus agée, j’ai toujours été renversée par le fait que tante Lucille et oncle Dollard lesquels avaient déjà de nombreux enfants, pouvaient en héberger deux ou même trois, avec mon frère Pierre. Pour moi, c’était le paradis! J’appréciais tellement faire partie de cette énorme famille!

Ça m’a permis d’expérimenter cet extraordinaire style de vie, sans électricité ni eau courante, ni installation sanitaire dans la maison. Avec tous ces enfants qui mettaient la main à la pâte, j’ai appris à traire les vaches, atteler un cheval, faire les foins;  passer le rateau était mon travail favori, je me souviens du bon coup de talon qu’il fallait donner pour lever le râteau.

Tante Lucille menait de main de maître ce que j’appellerais maintenant le « dépanneur » du 2ième, de l’autre côté du chemin et quand je voyais quelqu’un marcher vers le magasin, je m’empressais de me porter volontaire pour y aller.

Imaginez, prendre un beau sac de papier brun, tout neuf, y mettre de la cassonade, des « beans », du sucre blanc qu’on prenait dans des espèces de tiroir pivotant tout en vérifiant le poids sur la balance. Jouer au magasin pour vrai!!!!

Et le dimanche, on barattait de la crème glacée à la main qu’on vendait dans des cornets, l’ancêtre des Dairy Queens. Les gens s’assoyaient sur le grand banc du côté opposé au comptoir, jasaient en mangeant ce régal!

Chaque année, quand je suis à Cap d’Espoir, je monte au deuxième pour m’imprégner de ce paysage où j’ai été si heureuse. Le magasin n’y est plus, ni la maison de tante Lucille mais j’ai encore le bonheur d’y voir la maison originale des Aubut, si belle et où ma mère a grandi et où j’ai connu mon grand-père François, aveugle, souvent assis à l’arrière de la maison pour prendre l’air. Je revois sa grande barbe d’aieul.

Et Ti-Pit qui sentait souvent si bon le sapinage avec son beau sourire! Mes cousins Mousse et Yvon attelaient et on descendait porter le lait à la beurrerie à toute allure; ils riaient tellement de ma peur, surtout dans la côte du moulin.

Que j’étais impressionnée par l’escalier majestueux du magasin général Sheehan avec toutes les choses offertes dans ce magasin, sans compter l’acceuil si chaleureux de Pio.

Ces années demeurent dans mes plus beaux et précieux souvenirs!

Myette Bellefeuille

 

4 commentaires sur « Mes étés en Gaspésie, à Cap d’Espoir »

  1. Vous lire me rends nostalgique d’une époque que j’ai connue à la fin mais j’ y retourne quand même pour y jeter un coup d’oeil pour me souvenir de qui je suis.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s