On l’appelait la p’tite Madame Lachance

Par sa fille, Lyne Brousseau, la cinquième de la trallée, comme elle dirait…

Ma Mère, Elle aime….

Ma Mère c’est  »Elle » de la chanson d’Alan Côté dont le titre est « ELLE AIME ». Cette chanson écrite pour ma mère lui a été présentée par le chanteur-compositeur qui chante la vie de Flora Lachance, ma mère, née à Petite-Vallée.

Pour connaître la vie de ma mère, il suffit de lire entre les notes de musique. Alan a su capturer l’immense influence que ma mère a eu sur ses 15 enfants (une petite fille est décédée) et son entourage étant le petit voisin qu’elle aimait autant, que sa  »trallée d’enfants ». Elle aimait ma mère. Elle aimait la famille, les voisins, les inconnus qui cognaient à sa porte et à qui elle offrait un petit pain tout juste sorti du four.

Elle aimait cette vie difficile et entraînante qu’elle et mon père, Edelbert Brousseau, avaient bâti sur la colonie de Cloridorme tard dans les années 1940 et qu’ils avaient rebâtie à la mer en 1958. La vie autour de ses 15 enfants, le travail de la ferme, les accouchements, presque tous à la maison, les deuils, surtout sa petite fille, les journées de lessive avec essoreuse, les interminables cordes à linge, les journées de boudin et creton, les multiples cuites de pain, les journées de moulins à tisser avec la voisine, les devoirs après l’école, les maux d’oreilles et de gorge, les repas préparés avec amour et en quantité miraculeuse, les rencontres des Fermières et Filles d’Isabelle, les danses carrées des fin de semaines; j’oublie certainement quelques minutes de son temps dans une journée, mais tout semblait un passe-temps pour elle car elle aimait sa famille, son mari et ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière petits-enfants.

Mais tout n’est pas rose et oublier les passages de vie difficile n’est pas une option. Je veux aussi vous parler du courage de ma mère lors du décès de ma petite soeur de 2 1/2 ans décédée lors d’un accident tout bête, un coup à la tête par une balançoire de bois.

Du haut de mes 13 ans, je me souviens de sa force, en contrôle de sa maisonnée, un bébé de 3 mois dans les bras et sa petite fille dans un petit cercueil blanc dans le salon et ses 12 autres enfants autour d’elle, vivant sa peine, mais sans jamais laisser couler une seule larme sur son visage. Elle sait l’effet néfaste sur sa marmaille si elle s’écroule.

Dans ces années, tout se passait dans les maisons familiales. Il nous faut se préparer parce qu’il y aura des visiteurs au salon disait ma mère. Experte à faire sentir aux gens qu’ils étaient toujours bienvenus dans sa maison, son accueil ne devait pas être différent dans la triste circonstance. Elle réconforte les voisins, les visiteurs, la famille et sans doute mon père aussi, derrière la porte fermée de leur chambre. Aujourd’hui, je me demande quand a-t-elle fait son deuil ou plutôt fait-on jamais le deuil de son enfant?

Pour nous la vie a continué jour après jour, ma mère avait accomplit sa mission, garder sa famille sereine dans une situation de désespoir pour elle, toute une leçon de vie.

Quelle carrière que d’être une maman complètement dévouée.

À 80 ans, elle se disait encore jeune, mais la vie et la maladie lui ont pris son mari et sa propre santé dépérit. Tant donner et ne rien prendre.

Elle est un de ces anges sur la terre qui passe sans jamais déranger, qui sème l’amour comme on prend l’air, qui donne sans rien demander, comme le dit si bien la chanson d ‘Alan.

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