Il était une fois

Aujourd’hui, je publie un texte oû je parle du rôle de mon père, qui à sa façon soutenait notre mère les jours de lourde besogne, cad les jours de lavage, le lundi! Comme dans toutes les familles.

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Lundi, journée du lavage dans les familles, les mamans sortent tout l’attirail pour cette mission : laveuse à tordeur, cuve d’eau pour le rinçage, panier pour étendre le linge et une fois terminé, vider la laveuse de l’eau on ne peut plus coloré. C’est pourquoi le protocole était blanc pour débuter, couleurs séparées, les foncées en dernier. Cet exploit à toutes les semaines répétées svp!

Donc, mon père sentant la tension et fatigue de ma mère, avait son scénario. Après le souper alors que nous devenions des toupies, il se couchait par terre dans la cuisine, la tête sur un coussin improvisé et se fermait les yeux, comme pour prendre un bon somme. Mais nous connaissions ce signal…. On arrivait un après l’autre et après s’être battu pour avoir la meilleure place, comme des petits chat et on finissait par se calmer et se taire.

Patient, il attendait ce moment et s’ouvrant les yeux, il commençait toujours par la magique phrase « Il était une fois » ! Et là, captivés par ses détails, nous écoutions… Il utilisait les mêmes personnages, les mêmes lieux, donc logiquement, il finissait par avoir un lien entre chaque histoire. Mon père avait beaucoup d’imagination et d’humour et se servait souvent de ses contes pour faire une petite morale que nous ne prenions pas pour nous…

Il avait une façon particulière de nous annoncer que la fin arrivait « il lui a donné un coup de pied dans le derrière et il a r’volé à Barachois » ! Là, on savait que le mauvais avait été puni et que l’histoire était finie.

Pourquoi le coup de pied dans le popottin ? Et pourquoi Barachois ? Allez savoir, il riait quand on lui demandait.

Papa avait atteint son objectif, nous calmer et permettre à notre mère de récupérer tranquille.

Quand maman partait pour quelques heures chez sa soeur Mariette, mon père faisait le souper. Un seul plat: du macaroni! Mais tout un plat, nous étions 7 et il en avait pout 14! On en mangeait quelques jours durant hahaha. C’est dans ses périodes qu’on a appris à fabriquer des petits bateaux avec des feuilles de papier.

Et quand on manquait d’électricité, à cause de tempête, on a appris comment faire des ombres sur le mur avec nos mains. Il prenait du temps pour nous. Il le tenait de son père qui avait fait la même chose, selon oncle Antoine.

Heureusement que nous avions ce lien avec notre père car quand maman est décédée à 46 ans, ce n’était pas à construire, nous savions qu’il serait la pour nous et il a pris ses responsabilités, il nous a tous soutenus et guidés.

En arrière de tout homme il y a une femme dit-on! Mon père etait follement amoureux de ma mère et elle est probablement celle à qui nous devons dire merci d’avoir préparé notre père à prendre soin de nous.

Et si c’est arrivé chez-nous, c’est sûrement arrivé ailleurs. Les pères avaient une place dans la famille mais ne devaient pas trop le démontrer ! C’était pas la coutume! C’était pas l’époque!

Daniele Rail

Tous droits réservés

4 commentaires sur « Il était une fois »

  1. Oui Geraldine, tu as tout à fait raison. Quand j’ai pris la relève de ma mère auprès de mes frères et soeurs, mon père heureusement est devenu un allié et un ami. Il m’encourageait pour mes repas… alors que je savais que ce n’était pas particulièrement réussi. Mais j’ai appris. Il est décédé jeune, 59 ans mais nous avait donné le meilleur de lui-même.

    Merci de ta lecture et commentaire.

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  2. Quel beau trio de voisines avec monsieur Lionel qui était de stature imposante mais à mes yeux de petite fille, il incarnait la douceur. Beau récit Danièle, j’aime particulièrement la conclusion de l’histoire de ton père hihihi. Malgré notre enfance parsemé de petits et de grands chagrins, je remarque que l’on a gardé en mémoire bien plus de souvenirs heureux que de souvenances malheureuses et ça fait le plus grand bien.

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    1. Tu as bien raison Rhéa, probablement parce que nous étions bien entourés, tant par la famille, la parenté, nos bonnes voisines, chacun de la famille avait son vis à vis chez vous, tu te souviens. De même que chez Mme Rita. On se sentait pas seul dans notre peine… En tout cas, pas longtemps.

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