image

 

Géraldine nous raconte la vie de sa belle-maman, Germaine Fournier

Je veux vous raconter l’histoire d’une autre époque et rendre hommage à une personne pas plus haute que 4 pieds et 8 pouces et qui ne pesait que 85 livres à l’âge où je l’ai connue, à ses 62 ans.

C’est en 1972, par une belle journée d’été, dans cette grande maison où le soleil entre par la fenêtre du côté ouest, je suis abasourdie, pour ne pas dire étourdie, par les déplacements de cette femme qui, comme un oiseau, fébrile et rapide, parle avec un débit absolument fascinant car elle voulait tout dire en même temps! Cette femme, issue d’une famille modeste de 4 enfants, plutôt rare pour l’époque, s’est mariée à 17 ans, un mois précédant son anniversaire.

Le couple habitera chez les parents de monsieur, alors en plus des beaux-parents, il y a encore de la jeunesse à la maison paternelle. Cette jeune femme travaille fort pour se tailler une place au sein de cette famille. Imaginez ce bout de femme, jeune, au cœur d’une maisonnée avec ses us et coutumes établis! Pourtant, elle fait son entrée dans cette famille, faisant le moins de bruit et prenant le moins de place possible car elle n’est pas la maîtresse de maison. Le temps file, ses enfants naissent alors que l’un et l’autre de la belle famille quitte la maison familiale pour fonder la leur.

Survient le décès de ses beaux-parents, le couple se retrouve alors seul avec leurs enfants pour la première fois. La religion est très présente dans ces années, le devoir conjugal exige des résultats « papables » alors le couple se dévoue et il en résulte 19 grossesses et 20 enfants. Bien oui, la fatalité a voulu que sa dernière grossesse soit celle de jumeaux qui n’on pas survécu. Son conjoint a mentionné :  J’en ai voulu ! J’en ai eu ! J’en veux pu ! Plusieurs mortalités sont malheureusement survenues que ce soit la maladie, les accidents ou les mort-nés.

Ma belle-maman avait reçu une belle formation pour l’époque, une septième année, elle avait une écriture soignée et était soucieuse du français, d’ailleurs, elle a pris en main la défense de l’un de ses fils devant la cour et la cause a été gagnée. Sans aucun doute, son bon discernement a réussi à convaincre le juge de la bonne foi de son fils. C’est digne de mention et mérite bien des honneurs.

Tous s’entendent pour dire qu’elle avait un don de cuisinière: d’un rien, sans bruit et en un tour de main, elle pouvait concocter un de ses meilleurs repas, dessert inclus.

Bien des évènements communautaires ont eu lieu. Parlons du centenaire de la paroisse, la fête des aînés, la longévité du couple, don de soi en donnant naissance à plusieurs enfants avec tout ce que cela signifiait de sacrifices et exigences et pourtant, malgré des efforts, jamais Germaine n’a pu être honorée à sa juste valeur. Voilà pourquoi aujourd’hui, je lui rends hommage.

Tenir la maison toujours propre, effectuer les travaux domestiques, faire le plus de récupération possible (sujet à la mode aujourd’hui), réaliser des travaux d’aiguilles de toutes sortes, garder les vêtements propres, pour que son monde soit bien mis, comme disait l’expression de temps, s’occuper du jardin pour qu’il produise bien, voilà que quelques-unes de ses occupations.

Germaine est décédée à l’âge vénérable de 85 ans, fidèle à elle-même, comme un petit oiseau, sans bruit et laissant derrière elle toutes ses qualités, si souvent oubliées.

J’ai débuté en vous disant qu’elle était une petite femme avec ses 4 pieds 8 pouces mais sachez que pour moi, son image est imprégnée dans mon cœur et je la considère une grande dame.

Géraldine Fortin

3 commentaires sur «  »

  1. je suis bien contente de revoir ma grand maman jene me rapellais plus son visage et tout d un coup tout me reviens en memoire c etait le bon temps dans ce temps les familles passaient du temps en famille cela me manque beaucoup. Merci dame Geraldine pour ce bon moment.

    J'aime

  2. Merci pour ce beau cadeau. Tu me fais un grand bonheur ce matin. Parler de ma «Memie» . En lisant, tout d’un coup mon appartement s’est remplie d’une odeur de petits pains sucrés et de brioches, quand elle faisait des desserts elle m’en faisait de miniatures tout pareil à ceux des adultes mais bien meilleurs. Merci encore. xx

    J'aime

  3. Merci ma tante pour ce bel hommage, je suis convaincue qu’elle aurait apprécié, ou peut-être pas car elle était très modeste lol merci encore Marie Claude gros bisous xx

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s